Repentance

11:23, 5 martie 2021 | Actual | 467 vizualizări | Nu există niciun comentariu Autor:

On pourrait penser qu’une civilisation chancelante, en proie à des échecs économiques et politiques, aurait mieux à faire que de se soumettre à la danse fantôme crypto-religieuse de l’hystérie raciale appelée « être Éveillé » qui préoccupe sa classe dite « pensante ». Exemple : le martyre professionnel au Smith College d’une humble employée du nom de Jodi Shaw, qui s’est opposée publiquement aux indignités rituelles dont elle était victime de la part de ses collègues et étudiants au nom de la « justice sociale » – c’est-à-dire la guerre sainte contre la « blancheur ».

 

Son histoire : Mme Shaw, une mère divorcée avec deux enfants (et ancienne élève du collège, 1993) a travaillé comme coordinatrice du soutien aux étudiants dans le département de la vie en résidence (c’est-à-dire comme conseillère dans les dortoirs). On lui a demandé de dénoncer le « racisme systémique » lors des réunions du personnel et elle s’en est plainte par les voies appropriées, ce qui n’a fait qu’inciter à plus d’abus. Frustrée, elle a finalement publié une vidéo sur le web pour dénoncer les brimades staliniennes dont on a permis la diffusion dans tous les recoins de la vie du campus de Smith. L’administration lui a proposé un règlement en espèces pour qu’elle se taise et parte. Mme Shaw a refusé mais a quand même démissionné dans une longue lettre adressée à la présidente de Smith, Kathleen McCartney, qu’elle a rendue publique sur le lieu de travail hostile du collège.

Comment cela s’est-il produit ? Parce que l’« Éveil » est avant tout une question de statut, et que les écoles d’élite existent pour conférer un statut aux jeunes qui peuvent y entrer, qui passent ensuite à une vie d’adulte avec un emploi de haut niveau (bien rémunéré) facilité par leurs anciens contacts scolaires. Autrefois, les écoles d’élite accomplissaient cette mission en offrant une éducation supérieure grâce à des professeurs et des programmes d’études supérieurs. Dernièrement, l’accent a été mis sur la promotion d’une supériorité morale fictive, car c’est un raccourci pour acquérir du pouvoir sur les autres. De nos jours, l’élitisme n’est plus une question d’excellence, mais simplement de pouvoir brut sur les autres. Alors que l’hystérie de l’« Éveil » s’intensifiait sur les campus à travers le pays, et que les différents collèges et universités commençaient à se faire concurrence pour se surpasser dans le fanatisme moralisateur, le Smith College s’est battu avec ses écoles sœurs et les autres établissements de l’Ivy League pour avoir l’« Éveil » le plus important de tous.

Le trou noir moral au centre de cette absurdité vicieuse est l’échec spectaculaire de l’autorité des personnes qui dirigent ces institutions. La présidente de Smith, Kathleen McCartney, a soutenu et encouragé l’inquisition de l’« Éveil » sur son campus. Elle est payée la jolie somme de 515 461 dollars par an. Peut-être ne voulait-elle pas y renoncer en prenant une position de principe contre les mauvais comportements et les mauvaises idées. Peut-être qu’elle est favorable à la règle des mauvaises idées et des comportements sans principes ? Est-elle stupide ou dépravée ? Et, bien sûr, qu’en est-il de son énorme équipe de vice-présidents et de doyens, sans parler du conseil d’administration de l’école ? Dans quelle mesure assistons-nous à une simple lâcheté ?

Mme McCartney s’est exposée en 2014 – l’année des émeutes de Ferguson, Missouri – quand elle a envoyé un e-mail à l’ensemble du campus, pour essayer d’apaiser les étudiants enflammés, sous le titre « All Lives Matter ». C’était au début de la frénésie de l’« Éveil », et l’expression « toutes les vies comptent » était alors frappée comme une forme de « discours de haine », de sorte que Mme McCartney a apparemment fait une erreur innocente – pour laquelle elle a été forcée de payer avec l’une de ces excuses abjectes et mensongères qui sont devenues la réponse standard déshonorante à la coercition de l’« Éveil ». De toute évidence, elle en a tiré une leçon : il suffit de suivre le mouvement. Ce qui est étonnant, c’est qu’aucun autre adulte sur ce campus n’a eu la décence de s’élever contre la nouvelle mode stalinienne ou de soutenir Jodi Shaw.

Il doit être évident pour beaucoup de gens pris dans cette folie collective que la croisade de l’« Éveil » est malhonnête, stupide, cruelle et maléfique. Tout ce qu’elle accomplit réellement est de générer plus d’animosité raciale alors qu’elle dépeint les gens de couleur comme n’ayant pas les moyens personnels de s’en sortir dans leur vie sans l’aide extra-spéciale de personnes qui ne sont pas de couleur. Mais ayant sacrifié leur sens et leur honneur, comment les personnes en position d’autorité peuvent-elles se repentir ? Comme le dit l’auteur James Lindsay dans un podcast sur son site New Discourses :

Ils ont soutenu cette chose qu’ils peuvent voir par eux-mêmes comme complice du mal, intuitivement… mais psychologiquement ils ne peuvent pas se laisser la voir, parce que pour admettre que ce qu’ils voient devant leurs propres yeux… pour admettre que c’est évidemment aussi mauvais que ça l’est, que la théorie elle-même [le racisme systémique] est pire que l’échec, que c’est le mal, il faut passer par tout le processus psychologique qui consiste à admettre à soi-même, et aux autres autour de soi, qu’ils ont été dupés, et qu’ils ont apporté de l’eau au moulin de cette chose maléfique…. Il y a un coût psychologique élevé à admettre que vous avez été stupide et que vous vous êtes fait avoir, et il y a un coût social élevé pour ces deux choses également.

Oui, il devrait y avoir un coût. J’espère que Jodi Shaw poursuivra la merde vivante qu’est ce Smith College, son président et son conseil d’administration. Elle a une page Go-Fund-Me. Elle contient la vidéo qu’elle a réalisée. Envoyez-lui de l’argent pour qu’elle puisse subvenir aux besoins de ses enfants et engager un avocat. Il y a un besoin désespéré d’imposer des conséquences à l’échec de l’autorité dans ce pays. Et de mettre cette course folle derrière nous afin que nous puissions nous atteler à la tâche de préserver la vie civilisée dans une société qui est sur le point d’imploser à cause de nouveaux échecs économiques et politiques.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan pour le Saker Francophone

 

Source: https://lesakerfrancophone.fr