Philippe de Villiers : “L’union européenne n’est qu’un marchepied de la future gouvernance mondiale” (1/4)

08:48, 10 februarie 2020 | Actual | 298 vizualizări | Nu există niciun comentariu Autor:

Dans une grande interview publiée cette semaine dans Valeurs actuelles, Philippe de Villiers s’attaque aux mythes fondateurs européens. Retrouvez ici la version intégrale de cet entretien publiée dans l’édition papier. Dans cette première partie : les révélations de son nouveau livre, “J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu”.

Cinq mois après votre biographie de Clovis, vous publiez déjà un nouveau livre. Pourquoi cette précipitation ?
Ce livre est né d’une rencontre avec un éminent professeur de l’Université Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la question européenne. Il m’a appris que les archives secrètes sur la « construction européenne » étaient déclassifiées et qu’elles contenaient des vérités dérangeantes. Aujourd’hui, l’Union européenne se fragmente, se délite. Depuis longtemps, j’avais l’intuition qu’il fallait remonter à la source pour comprendre d’où venait la grande dérive.

Cette remontée à la source, comme vous dites, relève plutôt d’un travail universitaire… Pourquoi rien n’a été encore publié par les scientifiques ?
Parce que les « scientifiques » comme vous dites, ont vu leurs recherches bridées et même verrouillées par l’Institution, qui monte la garde. À la Sorbonne, on m’a tout expliqué : L’enseignement de la « construction européenne », en droit, en sciences politiques, en histoire, est exclusivement concentré sur les chaires « Jean Monnet » et aussi des modules d’enseignement qui ont pour caractéristique commune d’être financées par Bruxelles. Les universitaires sont curieux mais pas téméraires, ils ne veulent pas perdre leur chaire, leur charge d’enseignement, leur éditeur. Car l’Institution prohibe les recherches aventureuses. Elle est le sanctuaire qui abrite le Mythe.

Vous auriez donc fait le travail que les scientifiques n’osent pas entreprendre ?
Exactement. J’ai constitué des « brigades d’explorateurs » qui sont parties à l’assaut des archives, à Stanford, à Washington, à Lausanne, à Moscou, à Berlin… Elles ont ramené des casiers de documents confidentiels incroyables. On a étalé ça sur le zinc comme les pécheurs à la criée du Guilvinec. J’ai trié les mètres cubes d’archives explosives. J’ai tout mis en perspective, en publiant 111 pages de fac-similés. Le résultat est là : l’envers du décor est apparu. Ce n’est pas du tout ce qu’on nous avait dit.

Et pourquoi ce titre ?
Il vient d’une conversation avec Maurice Couve de Murville, l’ancien ministre des Affaires étrangères de De Gaulle. Alors que nous évoquions la genèse de l’unification européenne, il a soupiré en levant les bras au ciel : « Ah l’Europe ! « L’Europe des Pères fondateurs » ! Cher Philippe, si vous voulez savoir, il vous suffira de tirer sur le fil du mensonge et tout viendra. » J’ai tiré… et tout est venu.

« Tout », c’est-à-dire quoi ?
Tout ce qu’on nous a fait croire, tout ce qu’on nous a promis, tout ce qu’on nous a fait miroiter… le fameux « rêve européen » de la fusion des nations, qui s’est fracassé sur le réel : l’Europe-puissance, protectrice, attractive, prospère… les « États-Unis d’Europe »…

Ce que vous appelez « le Grand Mensonge »…
Oui. Il n’y a pas de dérive : le grand mensonge, c’est que le gène déconstructeur qui mine et désagrège l’Europe d’aujourd’hui était déjà dans l’ADN du corps d’intention des Pères fondateurs.

Et quel est donc ce gène déconstructeur ?
Il figure en toutes lettres dans la péroraison des « Mémoires » de Monnet qui annonce le programme génétique à venir : « Ai-je assez fait comprendre que l’unification européenne n’a pas sa fin en elle-même ? Elle est un processus… Elle n’est qu’une étape vers les formes d’organisation du monde de demain. » C’est la seule phrase écrite de sa main. Ce qui intéresse Monnet, ce n’est pas l’idée d’une super-nation, la constitution d’un super-état ; il ne veut pas favoriser la naissance…

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