L’idéologie du genre et le totalitarisme de la pensée unique

14:33, 3 februarie 2021 | Actual | 156 vizualizări | Nu există niciun comentariu Autor:

Domination politique, discipline sociale, subordination culturelle

Marx a dit dans L’idéologie allemande: „Les idées de la classe dominante sont les idées dominantes de chaque époque […] par conséquent, dans la mesure où elles dominent en tant que phénomène de classe et dans la mesure où elles déterminent toute l’étendue d’une époque historique, on peut comprendre qu’elles le fassent dans la plus large mesure et donc, entre autres choses, également en alignant des penseurs, qui sont des producteurs d’idées qui réglementent la production et la distribution des idées de leur temps ; et que leurs idées sont donc les idées dominantes de l’époque ».

Nous devons alors nous demander, par rapport au présent, quelles sont les idées dominantes de notre époque ? Quelle est la „classe” dominante ? Qui produit, réglemente et distribue ces idées ? Quelle est l’idéologie incontestable ?

Une des principales caractéristiques de toute idéologie est de ne pas s’assumer comme telle, elle se naturalise et se donne comme une évidence, elle parvient à s’installer dans le bon sens sans être remise en cause. L’idéologie en tant qu’ensemble d’idées nous permet de nous donner une façon de connaître les choses, une cosmovision, en ayant le parti pris d’étendre cette façon particulière de voir le monde à la totalité globale. Vous voyez le monde à travers ces lentilles. C’est ce qu’ont fait le marxisme, le libéralisme et le fascisme au cours du siècle dernier, l’idéologie dominante a fini par devenir un totalitarisme, les porteurs et vecteurs d’idéologies finissent par penser pour le peuple et par installer la pensée unique, par persécuter et par éliminer le dissident.

Hégémonie et mondialisation

Après l’implosion de l’Union soviétique et la chute du mur de Berlin, le libéralisme a triomphé et la domination économique mondiale par le biais d’un marché unique s’est imposée sur tout, a introduit une neutralisation du politique selon Carl Schmitt. Le marxisme, le libéralisme et les postures de troisième position ont été fabriqués puis absorbés par le capitalisme financier et la mondialisation. La lutte pour la répartition des revenus, les droits sociaux, la liberté, la justice sociale et les idées de famille, de patrie et de religion ont été remplacés par la lutte pour les droits individuels, les revendications des minorités et l’intégration culturelle dans un monde cosmopolite. La mondialisation a atteint son hégémonie post-libérale sur la base du consensus des vaincus et de l’interdépendance économique construite.

Face à la consécration du capitalisme absolu, le marxisme a abandonné la lutte de classe et les travailleurs comme sujets politiques, s’intégrant dans le monde globalisé ; le libéralisme a été absorbé par la gestion technocratique et l’administration économique, laissant de côté les idéaux libéraux ; et les partis qui ont exprimé les mouvements institutionnalisés dits de ‘’troisième position’’ ont mis en œuvre des politiques néolibérales et des discours progressistes. Ils ont accompagné le processus de mondialisation avec la revendication des minorités, les postulats cosmopolites d’un monde sans frontières, en rejetant leurs idées traditionnelles et en se soumettant au politiquement correct. Ces traditions philosophiques sont aujourd’hui recyclées dans la seule idéologie vivante, l’idéologie mondialiste, le „progressisme transnational” comme le décrit le politologue américain John Fonte. Pensée hégémonique.

L’année 68 comme „Révolution culturelle”. La gauche postmoderne

Mais cette idéologie a son origine dans les années 60 du 20ème siècle, à une époque où son expression historique et politique fut le Mai 1968 en France, un mouvement culturel où l’axe de la gauche change, avec l’adoption des idées de l'”école de Francfort”, qui met l’accent sur les éléments éthiques, subjectifs et individuels de la „théorie critique”, de sorte qu’elle a été configurée comme une théorie générale de la transformation sociale, motivée par un désir de „libération” compris dans un sens individuel. La „libération” et l'”émancipation” éclipsent ainsi l’objectif de la révolution et se fondent dans l’horizon utopique d’un „bonheur” orienté vers le développement personnel. Le point de départ était l’individu, son désir, son art et sa culture comme forme d’expression politique contre l’ordre établi, en abandonnant les anciennes prémisses socialistes.

Ce mouvement a eu, pour géniteurs, tout un amalgame de penseurs qui ont construit leur vision de la réalité et ont fini par façonner l’idéologie actuelle, dont les fondements se trouvent dans la théorie homosexuelle de Judith Butler. Elle dérive de „l’école de la suspicion” de Nietzsche, Marx, Freud, Adorno, Marcuse, Horkheimer, Michel Foucault, Gilles Deleuze et Jacques Derrida, ce dernier étant le théoricien de la déconstruction.

Idéologie du genre et du relativisme

Influencée par tous ces penseurs, dont elle tire des concepts différents, et par des féministes radicales telles que Simone de Beauvoir et Monique Wittig, Judith Butler en fait une synthèse qu’elle expose dans Undoing Gender où elle soutient comme prémisse fondamentale que „les catégories homme et femme sont des idées politiques et non naturelles”, une idée qui soutient l’idéologie dominante de notre époque.

Elle propose le genre comme une construction sociale, différente du sexe biologique naturellement donné, où les femmes et les „minorités” en raison de leur condition de genre sont opprimées par une structure patriarcale machiste. Et une hétéro-normativité qui poursuit des sexualités „dissidentes” et „non-binaires”.

La solution ne serait plus une révolution sociale et une lutte des classes comme le propose le marxisme, mais la subversion des valeurs et la lutte pour le pouvoir dans les espaces publics par des corps (individuels). La déconstruction comme méthode de résistance, déformant la proposition grammaticale de Derrida.

Cette idéologie, cohérente avec le capitalisme financier et fonctionnel visant, lui aussi, la libération absolue de l’individu dissocié de tout lien historique, collectif, transcendant et biologique ; elle promeut un hédonisme incessant, conclut au consumérisme et au plaisir sexuel comme seule réalisation de l’homme ou de la femme, à la libéralisation du désir, à la simple satisfaction matérielle, annihilant toute spiritualité et naturel. Le nihilisme de Nietzsche, le désir de Freud, la décentralisation que propose Deleuze et l’idée transgenre de Butler sont le résumé de la nouvelle idéologie dominante, d’un capitalisme spéculatif, qui, selon les termes de Hegel, reflète en réalité les concepts de la nouvelle classe mondiale : une élite sans Dieu, sans patrie, consumériste et transsexuelle.

La révolution anthropologique

Comme le rappelle Michel Onfray, nous entrons dans un nouveau type de société totalitaire qui détruit la vérité, abolit la liberté et nie la nature. C’est ce qui définit parfaitement l’idéologie de genre qui promeut une véritable révolution, une „révolution anthropologique”, en effaçant la différence biologique des sexes sous le masque conceptuel du genre, en éliminant la transcendance, l’idée de Dieu et avec la dictature du relativisme qui installe la „post-vérité” et élimine la distinction entre le bien et le mal, ouvre les portes du transhumanisme comme conséquence logique de l’évolution, l’homme sans limites le „Dieu Homo”.

Les bourgeoisies industrielles d’origine nationale ont été dépassées par le développement économique transnational face à cette nouvelle classe mondiale apatride, qui a pris le contrôle de l’économie, l’oligarchie financière internationale, la classe dominante représentant le capital financier qui a consolidé son pouvoir économique issu du marché mondial, trouve aujourd’hui, comme limites de son expansion politique, la souveraineté des territoires, les États régulateurs et l’Église, un obstacle à la mise en place du système de gouvernance mondiale selon le marché unique, et qui trouve comme autre limite de son expansion biologique la condition humaine.

Il y a là une „conscience de soi” qui lui impose de produire, financer, distribuer et réguler ses idées, transnationalistes, transhumanistes et transsexuelles, afin de surmonter les barrières nationales, les limites humaines imposées par la morale et une révolution sexuelle pour freiner la reproduction, surtout dans les pays de la périphérie, considérés comme en phase d’explosion démographique au détriment des intérêts capitalistes-globaux, comme l’exprimait naguère Henry Kissinger dans le rapport NSSM 200 (National Security Study Memorandum 200).

Le totalitarisme mondialiste

Les médias, les ONG et les universités sont les „usines à subjectivité” qui reproduisent les idées du pouvoir mondial et censurent les dissidents. On peut voir comment ces „appareils idéologiques du marché”, reformulant le concept d’Althusser, sont aujourd’hui les promoteurs de l’avortement, de la substitution dans le ventre maternel ou du langage „inclusif” parmi d’autres politiques „progressistes”. Un exemple clair est la propagande émanant de séries populaires comme Netflix ou Disney qui promeuvent l’hypersexualisation ou la transsexualité, de différents médias qui bombardent systématiquement les nouvelles liées au genre, au féminicide ou à l’hédonisme sur les réseaux sociaux et à la télévision, des politiques promues par des organisations comme l’Open Society Foundation ou Human Rights Watch et des universités comme l’UBA qui acceptent officiellement un langage „inclusif”.

Au niveau de la censure et de la marginalisation, il suffit de voir le peu de place accordée à ceux qui s’écartent de la pensée politiquement correcte et, s’il y a de la place, la tentative de les ridiculiser ou de les étiqueter comme „arriérés”, „conservateurs” ou „conspirateurs” pour annuler l’opinion de ceux qui pensent différemment. L’espace public est plus explicite ; lorsque l’intolérance et le ridicule vont jusqu’à couvrir une peinture murale d’un bébé dans le ventre de sa mère puis d’une femme enceinte, comme celles réalisées par l’artiste Lisette Feider sur la façade de la maternité de l’hôpital Piñero de Buenos Aires, de telles œuvres d’art sont censurées et posées comme acte de „violence symbolique” et de „provocation”. Il est clair que le fait d’exprimer par l’art le don d’une vie au monde est une provocation pour la nécropolitique. Voilà où mène l’idéologie du genre.

Comme si cela ne suffisait pas pour installer son idéologie dans les profondeurs de la conscience, le mondialisme, selon les concepts de Pierre Bourdieu, s’appuie sur l’État, qui a le „monopole de la violence symbolique”. L’institutionnalisation de l’idéologie du genre comme credo officiel s’accompagne du dispositif juridico-répressif bien tenu en mains. Nous pouvons voir à titre d’exemple le cas de l’Espagne avec le nouveau ministère de l’égalité ou de notre pays avec le ministère du genre et de la diversité, organismes chargés de la diffusion propagandiste de l’idéologie de genre. Les gouvernements cooptés et sous la pression des organismes supranationaux représentant l’élite financière sont chargés de diffuser l’idéologie dominante en utilisant l’État et des organismes comme l’ONU, le FMI, l’Union européenne ou la Banque mondiale qui manquent de légitimité démocratique et font partie de la ploutocratie mondialiste. Le totalitarisme financier, à travers la dictature du dollar, favorise le ‘’progrès culturel’’ et l’anarchie commerciale.

L’idéologie du genre est utilisée par l’oligarchie de trois façons :

1) Comme domination politique par le truchement du politiquement correct et sous le déguisement moral de la „diversité”, de l'”égalité” et de l'”inclusion”, elle s’élève ainsi au-dessus du reste en exerçant une suprématie morale ;

2) Comme discipline sociale par le punitivisme et le normativisme juridique promu par la loi avec une „perspective de genre”, mettant fin au principe d’innocence face à une accusation par la sentence médiatique, et sinon, par l’esclavage public ;

3) Comme subordination culturelle, l’acceptation de crédits internationaux à condition de mettre en œuvre des politiques de genre ou d’antinatalité comme le font la Banque mondiale ou le FMI, le financement d’organisations de promotion de politiques publiques basées sur le lobby LGTB et les ONG qui financent l’activisme féministe, l’acceptation d’idées provenant des grands think tanks étrangers, utilisées comme méthodes de domination. Nous assistons à une néocolonisation, qui est idéologique, une homologation culturelle où la pensée devient homogène et les différences qui enrichissent chaque peuple sont effacées, celles-ci étant subordonnées à la monoculture mondialiste de la consommation.

Aujourd’hui, incontestablement devant le cirque médiatique que représente l’establishment mondialiste, l’idéologie du pouvoir est présentée comme noble car elle défend les minorités „opprimées” ; celui qui cherche à lever le voile et à démasquer les erreurs de cette idéologie, à informer qui finance et promeut ces idées, ou à pointer du doigt les médias et les entreprises alliées dans les affaires du capitalisme „gay friendly”, est diabolisé et persécuté par la police de la pensée progressiste qui, sous une prétendue supériorité morale et au nom de l'”inclusion”, exclut quiconque pense différemment. Quiconque ose contester la dictature du relativisme imposée par l’idéologie des genres est accusé d’être d’”ultra-droite” ou d’être „populiste”, c’est là le moindre mal, si l’on peut dire, car tout dissident est marqué comme fasciste au nom de l’antifascisme. L’idéologie réussit à consommer le crime parfait, comme dirait Jean Baudrillard, en tuant la réalité.

Le nouvel ordre symbolique

Ce nouvel ordre symbolique, qui tente de détruire la tradition, les coutumes et la culture, est imposé par l’appropriation par les progressistes des symboles nationaux et populaires à leur profit politique et par le novilinguisme des genres, la promotion des individus unisexes sans distinction de sexe, l’hypersexualisation de la vie et la féminisation de la politique. C’est la consécration de la bataille culturelle menée par la gauche progressiste depuis 1968. En devenant l’hégémonie politico-culturelle, cette symbologie fait désormais l’objet d’un consensus à gauche comme à droite.

Le nouvel ordre est imposé à la gauche par le progressisme avec l’idéologie du genre et à la droite par le néolibéralisme avec l’idéologie du libre-échange. Des deux pôles, ils déterminent un individu sans famille, cosmopolite, précaire, à bas prix, dans un marché mondial unique sans frontières où sa seule liberté est de consommer. Le mondialisme a pour idéal l’homme de consommation sans identité, sans patrie et sans sexe. Une non-personne. La proposition de la classe mondiale radicalisée est la configuration d’un nouvel ordre mental par la psycho-politique et la guerre psycho-culturelle, en maintenant le contrôle des idées et des inégalités sociales sans altérer l’ordre matériel et le statu quo.

À partir de ce nouvel ordre symbolique, le progressisme classe la famille traditionnelle dans la catégorie „oppression patriarcale”, la nation dans la catégorie „idée fasciste” et considère la religion comme un mensonge. Du péronisme, nous voyons, dans tout cela, le contraire, la construction d’un peuple : unité, identité et culture. La famille, avant l’individu, comme cellule organique de toute la société, est la première communauté où se forment les liens naturels de solidarité et d’amour, dans la relation unique de la mère et de l’enfant. La Nation est la conformation de l’identité d’un peuple qui favorise l’unité sur un territoire donné où la communauté se réalise en préservant ses traditions et ses coutumes. La religion comme fondement de la culture qui détermine la moralité du peuple et ses valeurs, à partir des racines chrétiennes dans notre cas. La famille, la patrie et la religion sont les piliers d’une vie commune qui construisent une identité et une culture enracinées dans la tradition et les coutumes, sont aujourd’hui la véritable résistance au pouvoir hégémonique.

Culture de la vie

Face à l’avancée de cette culture de l’aliénation et de la colonisation idéologique, il est impératif de promouvoir la culture de la vie et l’amour de la famille, de revendiquer la patrie et la foi dans les valeurs transcendantes, le bien, la vérité et la justice.

Le bon sens doit être opposé à l’idéologie folle du genre, au relativisme absolu et à la révolution anthropologique. Et le principe qui dit : „La réalité est supérieure à l’idée”.

Contre le capitalisme financier absolu, une économie au service du peuple, où le travail est au centre et non le dieu Argent.

Contre la lutte des sexes et le conflit des sexes, la maxime qui dit : „l’unité prévaut sur le conflit”. Parce que ni l’homme ni la femme ne peuvent se réaliser dans une telle lutte, encore moins dans une communauté qui ne se réalise pas.

Source: http://euro-synergies.hautetfort.com