La démystification de la religion républicaine comme moyen de démasquer le Système

19:24, 16 martie 2019 | Actual | 852 vizualizări | Nu există niciun comentariu Autor:

(Préface à la version roumaine du livre ”La mystique de la Laïcité” par Youssef Hindi, qui est apparu à Chisinau en 2017)

Ce livre est d’une actualité brûlante. Son auteur, Youssef Hindi, fait partie de ces quelques intellectuels de renom en France qui ont des connaissances approfondies et qui examinent en profondeur les causes de la désorientation de l’Occident. Une désorientation causée parce ce qu’on appelle la Renaissance, les Lumières et – le point culminant de cette chaîne de phénomènes qui a renversé l’ancien ordre spirituel, civilisationnel, culturel, politique et économique – la Révolution soi-disant française. Comme toujours, pour déterminer les causes de la maladie – et il s’agit d’une maladie grave qui a aliéné le monde – l’identification de ses origines est le moyen sûr (et le seul!) qui permette d’établir un diagnostic correct et le remède adéquat.

L’ouvrage présent est d’autant plus nécessaire pour le lecteur roumanophone, car sa perception de la réalité est déformée par deux théories politiques complémentaires qui ont affecté l’Etat roumain moderne de ses origines à nos jours. Et la République de Moldavie ne fait pas exception à cet égard, elle a été touchée par un processus général, qui a submergé non seulement l’espace roumain, mais également tout le Continent européen, et a inondé la planète dans son ensemble. C’est bien sûr les mouvements politiques libéral et communiste.

Le premier, le libéralisme, s’est affirmé plus tôt, en particulier dans la seconde moitié du XIXe siècle à 1946, puis il a été remplacé par le deuxième courant politique, le communisme. Et le libéralisme est revenu en force après l’effondrement spectaculaire du communisme dans les années 1989-1991. Ce libéralisme qui s’est transformé en néolibéralisme et en globalisme. Les nouvelles formes de pensée ont si durement touché la vision du monde de l’homme, qu’ils ont acquis la forme de croyances, de dogmes immuables, aussi indiscutables que les lois de la nature ou les sciences exactes. Ces religions modernes ont dépossédé l’anthropologie chrétienne. La chute de l’homme, désacralisée dans l’histoire, le saut mortel du transcendant vers l’immanent, l’évasion de la Tradition à la Modernité, le triomphe de la matière sur l’esprit, l’ascension du corps qui a éclipsé l’âme, tout cela était invariablement accompagné de ce que Youssef Hindi appelle à juste titre „la religion du républicanisme”.

Nous savons qu’à l’origine de la République, il y a eu le rituel sanglant du régicide. L’affirmation de la nouvelle religion républicaine ne pouvait se faire qu’avec le prix de ce sacrifice, car ce n’est qu’ainsi qu’il pouvait accomplir son travail occulte, „le mystère de l’iniquité”. À partir de ce moment, la France, fille aînée de l’Église catholique, emprunta le chemin de la perdition, devenant le foyer principal de la propagation de la peste qui s’est étendue à d’autres peuples européens. La République proclamée le 21 septembre 1792, logiquement suivie de l’assassinat du Roi le 21 janvier 1793, représentent deux événements à la charge symbolique véritablement apocalyptique. C’est, à partir de ce moment, la fracture historique et épistémologique de l’Occident qui est devenue le siège de forces métaphysiques qui a brisé la colonne vertébrale spirituelle de l’homme européen. Dès lors, il a perdu son verticalité, cette connexion avec le Ciel qui a donné un sens à la vie et à la mort depuis la venue du Christ.

Les forces occultes, à l’appui de leurs réseaux, avaient besoin de plus d’un siècle pour promouvoir leur plan de désacralisation du monde en propageant ”La Mystique de la Laïcité” à l’Est du continent. Le 7 novembre 1917, date du coup d’État bolchevique préparé par la Révolution de février de la même année, ne pouvait s’accomplir autrement que par un nouvel acte rituel, l’assassinat du Tsar Nicolas II et de sa famille dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918. Ainsi, le dernier et le plus puissant bastion de la Tradition est tombé, ce Katechon qui se tenait sur le chemin de la Bête. Et quand toutes les barrières ont été brisées, a suivi la marche triomphale du républicanisme démocratique.

La différence entre les démocraties occidentales et les démocraties „populaires” sous tutelle soviétique apparaît assez insignifiante du point de vue de l’objectif majeur de leurs forces motrices. En effet, après tout, le conflit fondamental ne se réduit pas au modèle politique et économique de ces deux rejetons de la Révolution dite française – libéralisme et communisme – mais se manifeste dans l’attitude de ces deux types de régimes politiques envers le caractère sacré du pouvoir, envers la fin de la vie, en d’autres termes, envers l’Église et à l’interprétation du monde dans une perspective chrétienne.

Écrire aujourd’hui à la manière de Youssef Hindi signifie assumer consciemment le fardeau de la dissidence du nouveau type de totalitarisme, qui domine actuellement l’espace occidental et se propage, par la force ou par des méthodes perfides, via l’ONU, le FMI, l’OSCE, l’OTAN et d’autres outils de la globalisation, dans le monde entier. La religion des droits de l’homme, „le politique correct”, l’égalité des genres, la sodomie avec toutes ses variations abominables, le transhumanisme en prélude à la fin de l’homme sur terre, exige nécessairement l’imposition d’un discours dominant, le seul indiscutable et obligatoire.

Et ceux qui s’écartent de l’idéologie dominante sont marginalisés, blâmés, discrédités ou déclarés adeptes de la „théorie du complot”. Et notre auteur est précisément l’un d’entre eux. Il brise le voile des sujets tabous, comme celle de la maçonnerie, de l’occultisme kabbalistique, de tout ce que signifie l’histoire dépouillée de sa gamme de mythes, qui ont montré leur pleine efficacité destructrice, à la fois sous les régimes communiste et libéral.

Nous savons très bien que dans les conditions actuelles, l’homme est constamment agressé par des ingénieries sociales qui déforment et même annulent la capacité de penser et surtout de représenter dans une image cohérente la réalité qui nous entoure. Le lavage de cerveau par l’inoculation des illusions de la démocratie de masse. Une démocratie fondée sur l’inversion de la source de la souveraineté, qui mène non pas à la souveraineté du peuple mais à celle de l’oligarchie, tout cela étant accompagné par la parodie des rituels électoraux et du mythe républicain qui s’est répandu comme une peste incurable presque entièrement dans nos sociétés.

C’est pourquoi la mission des auteurs comme Youssef Hindi est tout à fait exceptionnel. Ils disent la vérité comme les gens dotés de ce don suprême l’ont toujours fait. Ils assument le rôle de combattant à contre-courant, ils témoignent en faveur du Vrai, avec leur stature et leur esprit lucide, malgré les circonstances défavorables et un pouvoir qui s’opposent violemment à leurs idées.

Le prologue de l’édition française de ce livre est fait par un autre de nos amis, l’un des plus importants penseurs antisystèmes à Paris, Jean-Michel Vernochet, lui-même l’auteur de plusieurs livres, écrivain et journaliste avec un sens de la dignité tout à fait particulier. Un des livres de M. Jean-Michel Vernochet a également été publié à Chisinau à la maison d’édition Universitatea Populară.

Iurie Roșca,
Éditeur