In memoriam le Père Jean Boboc

13:15, 11 aprilie 2019 | Actual | 1082 vizualizări | Nu există niciun comentariu

Un destin accompli d’un soldat du Christ

J’ai reçu ce matin une tragique nouvelle : le Père Jean Boboc, prêtre à la cathédrale orthodoxe roumaine de Paris nous a quitté… Il y a un mois, mon ami l’écrivain Jean-Michel Vernochet, m’avait dit que le Père se trouvait dans un état de santé de plus en plus préoccupant. Il y a quelques jours, me trouvant à Paris pour une série de conférences, j’avais parlé de lui avec un autre ami à moi, l’éditeur Antony Drumel, à qui j’avais fait part de mon message de santé et d’amitié, afin que ce message soit transmis au Père Jean. Mais voilà qu’Antony Drumel m’écrit aujourd’hui que cette conscience d’exception de notre temps est partie dans un monde meilleur.

Je l’avais découvert il y a un peu plus d’un an dans un entretien vidéo réalisé par Jean-Michel Vernochet au sujet du livre que venait d’écrire le Père Jean, «Le Transhumanisme décrypté». J’ai tout de suite pris conscience que le Père Jean Boboc était roumain, ce que Jean-Michel Vernochet me confirma. Quelques semaines après, au début du mois de janvier 2018, je me suis rendu à Paris pour rencontrer les éditeurs avec qui je collabore dans le cadre de l’Université Populaire de Chisinau et pour finaliser les projets éditoriaux avec des auteurs français importants. Grâce à Jean-Michel Vernochet, j’ai eu l’honneur et la joie de rencontrer le Père Jean Boboc. Je possédais déjà les deux livres écrits par le Père: sa thèse de doctorat, « La grande métamorphose. Éléments pour une théo-anthropologie orthodoxe » et « Le transhumanisme décrypté : Métamorphose du bateau de Thésée », qui est probablement l’ouvrage le plus solide écrit à ce jour sur le phénomène du transhumanisme interprété au sens de la spiritualité chrétienne. Le livre a la dédication suivante: À la mémoire de l’archimandrite Justin Pârvu, du saint monastère de Petru Vodă.

Cette discussion avec ces deux distingués intellectuels restera pour toujours dans ma mémoire. Je me suis rendu compte que je me trouvais auprès d’une personnalité, qui faisait partie de l’élite de grande valeur des intellectuels roumains. Ses mains vigoureuses, de paysan habitué au travail dur, sa voix sobre, son sourire lumineux et triste, ses pensées qui reflétaient la maturité d’un sage chrétien, toutes ces choses ont laissé des traces profondes dans mon âme… Quand je parlais avec lui, je me souvenais des discussions que j’avais eu avec des illustres prêtres orthodoxes roumains. Je suis béni d’avoir pu les connaître : Roman Braga, Mina Dobzeu (qui a baptisé l’écrivain Nicolae Steinhardt), Ilie Cleopa, Ioanichie Bălan, Gheorghe Calciu-Dumitreasa (le dissident bien connu), Constantin Galeriu, Constantin Voicescu et tant d’autres, qui m’ont appris tant de choses et ont éclairé mon destin.

Le père Jean Boboc était docteur en médecine et en théologie, traducteur, disciple et témoin de l’érudition du grand théologien Dumitru Stăniloae, doté des richesses spirituelles de l’Orthodoxie et connaissant en profondeur la science et la culture occidentale. Ainsi, du haut de sa richesse intellectuelle, le Père Jean Boboc nous a laissé en héritage une œuvre monumentale, qui doit être lue par les intellectuels chrétiens du mon entier.

Quand je l’ai rencontré à Paris, je lui avais proposé de traduire son dernier livre en roumain ; mais j’ai appris avec joie que son livre « Le transhumanisme décrypté » était en cours de traduction pour être publié aux éditions Doxologia. Après quelques temps, j’été contacté sur le réseau social Facebook par quelqu’un qui était le traducteur du livre. Monsieur Manuel Valeriu, de Sibiu, qui avait déjà traduit deux livres de Thomas Molnar en roumain. Ce dernier m’a informé qu’il était en train de traduire le livre du Père Jean Boboc cité plus haut. Il y a quelques semaines, il m’a confirmé avoir fini la traduction de cet ouvrage d’une valeur exceptionnelle et riche de 450 pages.

J’ai proposé au Père Jean Boboc d’organiser des conférences publiques à Chisinau et à Bucarest en sa présence et celle de Jean-Michel Vernochet afin qu’il puisse exposer sa vision du transhumanisme. Il fut d’accord mais m’a précisé que son état de santé devait le lui permettre… Il m’a dit aussi qu’il était en train de travailler sur son dernier livre concernant la bioéthique et qu’il souhaiter le mener à bien… Quand Jean-Michel Vernochet a essayé de l’encourager, il a répondu avec un triste sourire : « Mon cher, merci beaucoup, mais n’oublie pas toutefois que je suis aussi médecin. Je sais très bien qu’il ne me reste pas beaucoup de temps à vivre. Pourtant, j’espère réussir. »

J’ai écrit ces mots par reconnaissance pour ce grand homme qui a quitté ce monde, mais également pour attirer l’attention de ceux qui s’intéressent aux grands bouleversements afin de les inciter à lire les livres du Père Jean Boboc, cela leur permettra de mieux comprendre le mal qui ronge notre époque. Vous trouvez également sur Youtube ces interviews et ces conférences public.

Il y a un mois, quand j’écrivais l’avant-propos pour la nouvelle édition du livre « Noologia războiului nevăzut » (« La noologie de la guerre invisible ») écrit par l’académicien Ilie Bădescu, j’ai mentionné que, pour moi, l’œuvre du professeur Ilie Bădescu est en parfaite adéquation avec les œuvres des deux autres personnalités roumains qui se sont affirmés à Paris: l’écrivain, penseur et géopolitologue Jean Parvulesco et le savant et théologien Jean Boboc.

La pléiade des grands esprits de notre époque jette un rayon de lumière céleste sur les ténèbres qui égarent encore notre peuple. Peuple qu’on réduit à la condition d’esclave et a qui ont induit la haine de lui-même pour lui faire accepter une lente décomposition dans la vague du néopaganisme globaliste.

Merci au Seigneur de nous avoir donné une si magistral personnalité comme le Père Jean Boboc.

Qu’il repose en paix!

Iurie Roșca,
le 5 avril 2019

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