La Turquie retarde au maximum l’offensive syrien ne contre Idlib

11:04, 18 septembrie 2018 | Actual | 162 vizualizări | Nu există niciun comentariu | Autor:

Dans un précédent article, „Idlib, la bataille finale se prépare”, nous indiquions que la position d’Ankara dans la perspective d’une offensive menée par Damas contre le dernier bastion djihadiste (Al Qaeda) en Syrie, la ville et la région d’Idlib, était ambiguë. Aujourd’hui, il paraît de plus en plus probable que la Turquie cherche à retarder, voire empêcher, cette attaque en envoyant d’importants moyens militaires vers Idlib.

La raison invoquée par les Turcs auprès de ses « partenaires » de l’accord d’Astana, Russie et Iran, est qu’ils veulent éviter l’afflux de djihadistes en Turquie qui résulterait d’une telle attaque. Ils demandent des délais leur permettant de régler ce risque sans combat.

Mais nous continuons à penser pour notre part, comme indiqué dans de précédents articles, que les ambitions d’Erdogan visant à organiser sous sa direction un véritable califat au Moyen-Orient ne diminueront pas. Dans cette perspective, une présente turque permanente, autrement dit une annexion du nord de la Syrie, aux frontières sud de la Turquie, serait une condition essentielle. Mais Bashar al Assad continuera à refuser cette annexion, car il considère que la région d’Idlib constitue une partie inaliénable de la Syrie. Il est bien évident par ailleurs que la constitution d’un « califat » turque qui serait nécessairement hostile à toute forme de structure rivale suscite l’inquiétude sinon plus, non seulement en Syrie mais aussi dans l’Iran chiite.

Pour l’instant, il est clair qu’Assad n’est pas prêt à laisser Idlib aux mains d’Erdogan. Il s’est déclaré décidé à lancer seul l’offensive. Mais il semble que la Russie, profondément embarrassée par cette situation, cherche encore à gagner du temps et ne souhaite pas contribuer à précipiter l’offensive d’Assad. Nul ne peut dire à ce jour ce que Vladimir Poutine décidera de faire.

En attendent l’offensive contre Idlib est devenue aux yeux du monde entier une véritable Arlésienne, terme qui en France à la suite de Daudet désigne une personne que l’on attend et qui ne se présentera jamais. Ceci fait parfaitement l’affaire des Etats-Unis.

Washington ne s’est pas encore donné les moyens lui permettant de reprendre sérieusement pied dans la région. Mais Donald Trump ne peut que voir avec satisfaction l’embarras actuel de ses ennemis déclarés, l’Iran et la Russie. Il semble d’ailleurs que les services spéciaux américains soient extrêmement actifs à Ankara pour encourager, dollars à l’appui, une hostilité à la Russie qui n’a jamais disparu.

Note

* Voir sur ce sujet

https://ejmagnier.com/2018/09/14/liberation-didlib-la-turquie-se-met-en-travers-du-chemin-de-la-russie-qui-ralentit-le-rythme/

Note au 17/09

On apprend ce jour que Vladimir Poutine et Tayep Erdogan, après de s’être rencontré, ont annoncé la création d’une zone tampon de 15-20 km de large située «le long de la ligne de contact», à partir du 15 octobre prochain, afin d’éviter une offensive des troupes de Bachar al-Assad.

Ce serait Poutine qui aurait obtenu un accord difficile de Erdogan pour créer une «zone démilitarisée» à Idlib, sous contrôle russo-turc. Ceci permettra d’éviter une offensive syrienne dans ce dernier refuge des „rebelles”  convoité par Bashar. Depuis que celui-ci,  soutenu par l’armée russe, avait annoncé son intention de reprendre cette zone au nord-ouest du pays, Erdogan, qui ne se cache pas de soutenir les  djihadistes pour éviter  que ceux-ci ne se réfugient  en Turquie, évoque le risque d’une possible catastrophe humanitaire en cas d’assaut d’ampleur similaire à ce qui s’est passé dans les autres régions du pays. Ce n’est évidemment un prétexte qui ne trompe personne. Erdogan ne connait pas l’humanitaire

Comme nous l’avions prévu, Poutine a finalement décidé de donner raison à Erdogan dans ce différent. Bashar devra bien en prendre son parti. Mais en dehors d’une question de principe, ce ne devrait pas être une catastrophe pour lui. Plus inquiétant est le fait, non évoqué, que cette zone démilitarisée deviendra une pépinière de terroristes dans laquelle ils ne resteront certainement pas en attendant des jours meilleurs.

Voir entre autre https://www.rtl.be/info/monde/international/poutine-annonce-un-accord-avec-erdogan-pour-creer-une-zone-demilitarisee-a-idleb-1060121.aspx

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