La signification suprahistorique du massacre des derniers Romanov (4)

11:21, 16 februarie 2018 | Actual | 881 vizualizări | Nu există niciun comentariu | Autor:

Samuel Huntington, et la vision grand-continentale eurasiatique

On connaît les thèses principales de Samuel Huntington, auxquelles je souscrirais moi-même substantiellement, à la seule différence que je mettrais quant à moi l’accent grave non sur les concepts de culture ou de civilisation, mais sur celui de religion, qui en constitue le soubassement.

–           „Le choc des civilisations dominera la politique mondiale. Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front de l’avenir”. Et aussi : „Les conflits entre civilisations constitueront la dernière phase de l’évolution des conflits dans le monde moderne”.

–           „Les lignes de fracture entre civilisations remplacent les frontières politiques et idéologiques de la guerre froide en tant que sources de crises et de conflits sanglants. La guerre froide a commencé quand le Rideau de fer a divisé l’Europe politiquement et idéologiquement. Elle s’est terminée avec la levée du Rideau de fer. La division idéologique de l’Europe ayant disparu, la division culturelle de l’Europe entre chrétienté occidentale, d’une part, et chrétienté orthodoxe et islam, d’autre part, a réapparu. Comme William Wallace l’a suggéré, la ligne qui sépare de la façon la plus significative l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest pourrait bien être la frontière orientale de la chrétienté occidentale en l’an 1500. Cette ligne passe sur les frontières qui séparent actuellement la Russie de la Finlande et des Etats baltes, coupe la Biélorussie et l’Ukraine, en séparant l’Ukraine occidentale, où les catholiques sont nombreux, de l’Ukraine orientale orthodoxe, fait un détour à l’ouest pour séparer la Transylvanie du reste de la Roumanie, puis traverse la Yougoslavie en suivant presque exactement la ligne qui sépare aujourd’hui la Croatie et la Slovénie du reste de la Yougoslavie. Dans les Balkans, cette ligne coïncide naturellement avec la frontière historique entre l’Empire des Habsbourg et l’Empire Ottoman”.

Le grand projet géopolitique d’intégration impériale eurasiatique à terme rapproché, la reprise, donc, et la réévaluation dans ses dimensions exacerbées, finales, du concept de Kontinentalblock défini – révélé – par Karl Haushofer, projet géopolitique fondamental dont nous faisons aujourd’hui la base révolutionnaire même de notre „ligne eurasiatique” devant aboutir à l’institution politico-historique de l'”Empire Eurasiatique de la Fin”, tout notre combat présent et à venir, risque ainsi d’être mis en échec, à l’intérieur même de notre camp, par l’irréductibilité actuelle entre les positions du bloc européen catholique et du bloc européen orthodoxe : dépasser cette irréductibilité qui revient, fatidique, apparaît, désormais, comme le but révolutionnaire essentiel de notre entreprise impériale eurasiatique.

Or, les choses étant ce qu’elles sont en train de devenir et, surtout, ce qu’elles sont déjà devenues, seul le concept fondamental de l’Imperium se trouve encore en état de pouvoir assumer la tâche de ce dépassement suprahistorique : revenir en arrière jusqu’aux temps où l’unité impériale romaine n’avait pas encore eu à connaître la séparation entre l’Ouest et l’Est, l’Imperium se situant d’une manière transcendantale au-dessus de toute division, historique, religieuse, ou autre.

Or, aujourd’hui, à nouveau, le concept transcendantal, suprahistorique, de l'”Empire Eurasiatique de la Fin” dépasse, intègre, reconduit, assume et exalte assomptionnellement toutes les conceptions impériales successives, circonstancielles, de parcours séparationnel, inscrites dans l’histoire, entre l’Imperium des commencements et l’Imperium de la Fin.

„Il n’y a qu’un seul Reich comme il n’y a qu’une seule Eglise”, écrivait Mœller van den Bruck, et, ajoutait-il, le „Troisième Reich sera éternel”.

Et non seulement on doit comprendre que Mœller van den Bruck ne parle pas du tout, en l’occurrence, du „Troisième Reich” dans son acception national-socialiste ultérieure, acception passagère, aliénante et d’autant plus prophétiquement enracinée dans le fait visionnaire que le Troisième Reich hitlérien n’existait pas encore au moment où il écrivait son grand essai sur le Troisième Reich, mais, qui, en fait, dans la plénitude ultime de l’exigence transcendantale et assomptionnelle qui est la sienne propre, concerne, en réalité, le concept impérial final, eschatologique, suprahistorique et divin de Quatrième Reich, l’Imperium couronnant l’histoire d’après l’histoire, l’avènement du Millenium Christi : le véritable Troisième Reich n’est pas le Troisième Reich. Le véritable Troisième Reich est le Quatrième Reich.

Ainsi était-il apparu, à un niveau apparemment d’ordre politique et comme exclusivement politique, circonstanciel, à peine symbolique, mais comme dans l’ombre, qu’un dépassement impérial européen – voire eurasiatique, en dernière analyse – peut se trouver immédiatement concevable, par-dessus toute frontière idéologique, religieuse ou autre, quand, lors du Pacte Germano-Soviétique, de 1939 à 1941, un concept politique supérieur, implicitement eurasiatique, et en fait si ce n’est en droit de dimensions impériales grandes-continentales, avait réussi à réunir la double pétition politique grand-continentale allemande et soviétique sous l’égide d’un même Acte Unique.

L’heure est donc venue pour nous autres de ne plus reculer devant la reconnaissance formelle du fait que le concept de  l’'”Empire Eurasiatique de la Fin” est providentiellement tenu d’incarner très précisément le Quatrième Reich, l’Imperium transcendantal de l’histoire d’au-delà de l’histoire, où la confrontation religieusement ouverte entre catholicisme et orthodoxie trouvera sa résolution impériale eurasiatique finale.

Car, s’il n’y a pas de Nouvel Empire, de Novum Imperium, et encore moins d’Empire de la Fin, d’Imperium Ultimum, sans une nouvelle religion impériale, l'”Empire Eurasiatique de la Fin” devra avant tout aboutir à un renouvellement religieux impérial qui lui fut propre, engageant de l’intérieur le dépassement des religions en présence, et que ce renouvellement religieux impérial de la fin, au-delà de l’histoire, fût confirmé par une nouvelle intervention divine dans l’histoire, par une nouvelle incarnation vivante et agissante du Principium de l’ensemble du cycle révolu et qui s’apprête à recommencer.

Le fondement suprahistorique transcendante de tout nouvel Imperium est contenu chaque fois dans l’incarnation historique nouvelle de son propre Principium. Ce qui peut vouloir dire que nous nous acheminons à présent, vers le Règne du Saint Esprit, vers l’incarnation historique du Paraclet, vers l’instauration d’une histoire sophianique du monde à sa fin, et celle-ci fondée dans la libération de la Sainte-Sophie de Constantinople, mission ancestrale de l’Empire Russe, mission actuelle de la „Nouvelle Russie” qui s’annonce à l’horizon révolutionnaire de notre proche histoire à venir, et qui, secrètement, est sans doute déjà là.

Le grand secret impérial de Nicolas II

D’autre part, certaines considérations d’un ordre politique supérieur doivent également intervenir, et d’une manière qui devra finir par apparaître comme tout à fait éclairante, dans l’approche en profondeur qu’il faut bien tenter d’effectuer à l’égard de la personnalité jusqu’à présent indéchiffrable de Nicolas II. Dont le temps est venu de révéler l’identité profondément cachée, de toutes les façons hors d’atteinte, correspondant à son état de „concept absolu” dans la continuité d’une lignée pantocratique, sacrée, d’une prédestination originelle suprahumaine, d’un ministère secrètement transcendantal, eschatologique, menant au-delà de l’histoire et qui en même temps y entraînera finalement l’histoire dans son entier, l’histoire d’un monde approchant lui-même sa fin, et lui imposant ainsi son ultime dimension sacrale, assomptionnelle. Car la fin sanglante, fondamentalement sacrificielle de Nicolas II va interpeller directement l’ensemble de l’histoire grand-continentale eurasiatique, sur laquelle il imprimera sa marque ardente, le chiffre spectral de son passage. Et de ce qu’il en reste. Car quelque chose en restera, qui avec chaque jour qui passe approchera encore plus de sa figure impérissable, la figure de son don de soi sacrificiel.

Le grand secret impérial de Nicolas II aura été, à ce qu’il me semble, celui de son attachement inconditionnel à la mission grand-continentale eurasiatique de la Russie en tant que pivot et instrument privilégié d’un dessein providentiel préconçu, de la Russie eucharistiquement crucifiée – offerte, écartelée – entre l’Europe et l’Asie dans les temps précisément de la séparation de l’Europe refermée sur elle-même et de l’Asie plongée dans son sommeil dogmatique et qui, au cœur même de cet écartèlement, ne devait pas finir d’installer – ou de tenter de le faire – l’intégration impériale finale des deux faces, la face européenne et la face asiatique ainsi que le prouve, hermétiquement, l’Aigle des Romanov – dans le corps vivant du Troisième Terme Assomptionnel, l’Eurasie, le „Grand Continent” recouvrant son identité historique antérieure et en en poursuivant l’accomplissement dans cet „Empire Eurasiatique de la Fin” qui doit en constituer la coronation à la fois historique et suprahistorique.

La vision géopolitique secrète de Nicolas II était tournée, à présent on le sait, vers la plus Grande Asie et vers l’ouverture planétaire à l’Océan Pacifique, son horizon de visée comportant la marche politique de l’Europe vers l’Iran, l’Irak, la Palestine et l’ensemble du Moyen Orient, l’Asie Centrale, l’Afghanistan, l’Inde, le Tibet, la Corée, le Japon et les Iles du Pacifique, et c’est précisément ce en quoi Nicolas II me parait avoir été le précurseur inspiré, visionnaire, de l’ensemble de nos grands combats géopolitiques d’aujourd’hui, qui, tous, concernent l’établissement d’une planification impériale eurasiatique finale impliquant une dernière surévaluation révolutionnaire, doctrinale et sur le terrain, des conceptions établies, dans le même sens, par Karl Haushofer.

„Tout homme sans parti pris est obligé de reconnaître que la Corée doit être et sera russe”, écrivait l’Empereur d’Allemagne, Guillaume II, à son cousin Nicolas. II Guillaume II, qui se considérait lui-même comme l'”Empereur de l’Atlantique”, appelait Nicolas II, l'”Empereur du Pacifique”. Or, c’est bien ce que Nicolas II avait tenté toute sa vie d’arriver a être, l'”Empereur du Pacifique”. L’”Empereur du Pacifique”, mais au nom de l’Europe, avec toute l’Europe derrière lui, de l'”Atlantique au Pacifique”.

Les services secrets impériaux contre-stratégiques de Nicolas II avaient poussé, déjà, fort loin leurs recherches sur le terrain, leur niveau de définition quant à la situation géopolitique grand-continentale eurasiatique dans la perspective des „missions impériales” de la Russie et d’investigation conspirationnelle directe, de jalonnement confidentiel de l’espace concerné et des établissements de foyers d’irradiation subversives de haute portée. En 1917, tous les plans étaient prêts pour l’investissement du Tibet par la Russie, et sa prise sous un protectorat impérial russe. Il faut en convenir, le règne de Nicolas II avait marqué le retournement de la Russie vers l’Asie, vers l’Asia Mysteriosa, l’effort mystique de l'”Empereur du Pacifique” vers le cœur vivant de celle-ci l’emportant sur toutes les autres préoccupations profondes du régime. Dans cette perspective encore confidentielle, mais dont le contre-éclairage fera ressortir bien de choses, bien de situations inédites, la guerre que la Russie venait de perdre face au Japon – ces noces de fer et de feu, qui perduraient souterrainement – prend une toute autre signification, d’où toute dimension négative disparaît. Une signification sacrificielle et liturgique, suivant la dimension prophétique vivante, assurée dans et par le sang, dont la communion des deux parties en jeu, la russe et la japonaise, dans la mort et par le dépassement de la mort en fera, dans l’invisible, l’épreuve initiatique commune ouvrant le chemin vers un autre état de communion héroïque, sanctifiante, impériale dans le sens le plus ontologique du terme.

Un témoignage de Karl Haushofer

 Ainsi Karl Haushoter ne s’était-il pas du tout laissé égarer quand, dans un texte d’une portée visionnaire inappréciable, en date de 1940, texte imprimé mais non diffusé, intitulé Le bloc continental Europe Centrale-Eurasie-Japon, essayait de donner son véritable sens aux cérémonies funèbres communes russo-japonaises qui, dans l’avant-guerre de 1929-1945, avaient eu à célébrer liturgiquement la levée des corps de combattants tombés pendant les cinq mois de confrontations meurtrières ayant opposé en Mongolie, les forces d’intervention soviétiques et japonaises.

Karl Haushofer : „Alors les deux parties combattantes ont reçu en même temps, l’une de Moscou, l’autre de Tokyo, l’appel à mettre un terme à cette lutte. C’est ce qui fut alors fait dans une scène grandiose au cours de laquelle, d’une manière vraiment japonaise, une cérémonie mortuaire commune pour les âmes des guerriers morts fut célébrée sur le terrain dans la zone antérieurement contestée ; malgré le caractère religieux du cérémonial et bien que cela ne dût pas lui être facile, du point de vue idéologique, le général soviétique Potapow assista à la cérémonie avec une tenue parfaite. Ces fêtes telles que les organisaient les Japonais ont une importance psychologique considérable. A la tête des troupes qui, drapeaux déployés, marchent sur le terrain où se trouve l’autel, un général âgé, s’avance vers l’autel des morts. Chaque Japonais est fermement persuadé que les âmes des guerriers morts sont réellement présentes autour de cet autel pour recevoir le message de l’empereur.

Avoir assisté d’une manière impeccable à cette très longue cérémonie constitue un témoignage qui fait honneur à la remarquable capacité d’adaptation du général soviétique et de ses officiers. Comme il est exclu qu’on tourne le dos à des esprits, tous les participants à la cérémonie durent, le visage tourné vers l’autel, parcourir une longue distance en marchant en arrière. Ce serait un sacrilège que de tourner le dos aux esprits des ancêtres qui sont considérés comme présents. Cette cérémonie, pénétrée d’une religiosité absolue, présente du point de vue de la psychologie des peuples quelque chose de très intéressant et de très convaincant ; elle fît également une profonde impression sur des hommes qui, riches de nombreuses expériences recueillies à travers le monde, étaient autorisés à assister à une telle cérémonie et qui pouvaient se dire : ici tout un peuple croit fermement à la migration des âmes. Il croit que pendant la brève existence terrestre on peut au moyen d’action méritoires pour la patrie s’acquérir une place élevée dans cet au-delà, ou qu’en cas de défaillance on tombe en bas. Le sentiment qu’à l’exception de quelques libres penseurs qui tendent à cacher leur impressions personnelles tout un peuple est ardemment animé de cette conviction, donne à ce peuple une force, une cohésion et une disposition au sacrifice énormes”.

Le dernier mot, « l’apparition du sauveur final »

Le sort de l’Europe et le sort actuel du monde dépendent de la Russie, du redressement final de la Russie. Un redressement ayant le sens et l’importance d’une véritable renaissance, d’un retour à son être antérieur, à sa prédestination originelle, à sa mission impériale eschatologique ultime, et pouvant ainsi donner l’impulsion décisive au mouvement révolutionnaire de l’intégration politico-historique totale de l’Europe grand-continentale eurasiatique. Mouvement révolutionnaire qui seul serait encore capable de changer, aujourd’hui, la face du monde, d’arrêter la marche en avant de l’histoire mondiale vers la crise finale, irréversible, vers la déshumanisation totale et la dictature totalitaire du non-être, vers l’Anti-Empire de la Fin, quand sera appelée à se manifester la toute-puissance du „Mystère d’Iniquité”.

On a vu quel est le faisceau des conditions nécessaires au redressement salvateur de la Russie. Mais on n’a pas encore parlé de la plus importante d’elles, de qui tout le reste en dépend, à savoir l’apparition de l'”homme du plus grand destin”, du „sauveur de la fin”. Car c’est bien l'”apparition” de celui-ci qui signifiera l’acceptation de la Divine Providence quant au redressement abyssal de la Russie, et quant à la mission salvatrice finale dont celle-ci s’en trouvera ainsi chargée.

C’est ainsi l’”apparition du sauveur final” qui dira que le moment est venu, que le renversement de la situation actuelle se trouve déjà en train d’avoir lieu. Car cela va commencer par se faire confidentiellement, pour éclater ensuite en plein jour.

Jean Parvulesco

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