Être bien informé: ça se mérite !

09:35, 2 aprilie 2018 | Actual | 374 vizualizări | Nu există niciun comentariu | Autor:

et «ça permet de ne pas mourir idiot……»  par Dominique DELAWARDE 

Les couvertures médiatiques du BREXIT, de l’élection présidentielle US, des crises syrienne et ukrainienne, des primaires et de la présidentielle française 2017, de l’affaire Skripal, de l’élection russe 2018 ont montré, de manière éclatante, à quel point nos médias pouvaient se tromper et nous tromper en se fondant sur des dépêches, des analyses, des sondages, des déclarations politiques, des reportages effectués par des «experts autoproclamés», des agences de presse, des instituts de sondage et des sources dont l’impartialité et l’éthique ne sont pas toujours, hélas, au-dessus de tout soupçon, et dont la compétence est parfois douteuse.

Le citoyen peut aujourd’hui se demander s’il n’est pas l’objet de manipulation par des médias «militants» dont la quasi totalité ne peut survivre qu’en étant «sponsorisée» par la publicité, et assez largement subventionnée par le gouvernement (voir le site très officiel:http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ressources/Documentation-administrative/Les-200-titres-de-presse-les-plus-aides-en-2014 et dont les propriétaires ne sont pas tous honorablement connus pour leur neutralité.

La question qui se pose est donc de savoir comment s’informer correctement et ne pas prendre pour argent comptant tout ce que nous racontent nos bons (?) médias nationaux et, plus largement, occidentaux (ceux que nous consultons le plus souvent).

Pour bien s’informer, il faut le vouloir, disposer de temps et surtout ne pas accorder pleinement sa confiance aux médias «mainstream» qui font l’opinion, ni d’ailleurs à tout ce que l’on peut trouver sur internet : les Hoax (canulars, fausses rumeurs, mensonges) sont très fréquemment diffusés sur la toile.

Toute information, y compris et peut être surtout celle des médias nationaux que l’on a trop tendance à croire sans réserve, doit être passée aux filtres de la réflexion et de l’esprit critique.

Pour mesurer la fiabilité et la pertinence d’une information importante, il est toujours nécessaire de se poser quelques questions:

1 – L’information est-elle vraiment crédible (vérité probable, propagande ou mensonge possible ?). L’expérience fait évidemment gagner du temps pour répondre à cette question. C’est le genre de question que l’on doit se poser sur l’affaire Skripal par exemple…..

2 – Quelle agence de presse ou institut de sondage ou source est à l’origine de cette information (Reuter, AFP, agence Chinoise, Russe, syrienne, iranienne, israélienne, anglaise? IPSOS, SOFFRES, Yougov, Elabe, médiamétrie …….etc ) ? et quel est son degré de fiabilité ?

Exemple concret ? L’OSDH (Office Syrien des Droits de l’Homme), très souvent cité par nos médias sur l’affaire syrienne, peut-il être considéré comme une source crédible dès lors qu’il est hébergé à Londres, constitué d’un ordinateur et d’un seul individu qui prétend disposer d’un réseau d’informateurs sur le terrain et qui est subventionné par les Occidentaux, eux mêmes très impliqués dans la crise syrienne aux côtés des rebelles ?….. Ne fait-il pas que rapporter ce que la coalition occidentale souhaite entendre et peut être même lui dicte ?

3 – Qui a choisi de nous présenter cette information (ou ce mensonge) à ce moment précis, plutôt qu’une autre (ou pour en occulter une autre, peut être plus importante.…) ?

4 – Le correspondant local de l’agence de presse peut-il se tromper, mentir, occulter des faits, minimiser ou amplifier certains aspects, le tout pour servir les intérêts de son pays d’origine, des grands patrons de l’agence qui l’emploie et/ou pour conserver son poste, poursuivre sa carrière, garder son accréditation, ne pas se faire expulser du pays dans lequel il travaille, …..etc ?

J’ai pu moi-même constater assez souvent et comprendre le pourquoi des comportements fort peu déontologiques de la part de certains correspondants occidentaux de l’AFP et de Reuter, sur le terrain, dans des zones de crise: au Proche Orient notamment ……

5 – Quelles sont les identités et les CV du propriétaire du média, du directeur de l’information, du présentateur, mais surtout des «experts» judicieusement «sélectionnés» ….qui interviennent pour expliquer et interpréter les faits à notre place ou qui participent aux débats pour nous dire ce qu’il faut penser?

Ont-ils ou peuvent-ils avoir des affinités particulières (politique: droite ou gauche), (pro-russe ou pro-occidental) (pro-palestiniens ou pro-sionistes) (pro-Trump ou pro-Hillary)…… Sont-ils susceptibles d’être inféodés à un lobby ? Lequel ?………

Ce point me paraît capital. Il est souvent à l’origine des manipulations, grandes ou petites, dont nous sommes quotidiennement l’objet. Une bonne connaissance des milieux médiatiques permet, là encore, de gagner du temps.

Exemples concrets ? Les journalistes de l’empire de presse français dont le propriétaire est le citoyen israélien (accessoirement français) Drahi (L’Express, L’Expansion, L’Etudiant, Libération, BFM TV, RMC ou encore I24…etc….etc) sont-ils parfaitement objectifs lorsqu’ils traitent des problèmes du Proche et du Moyen Orient? Ne s’autocensurent-ils pas pour préserver, voire promouvoir leur carrière ou pour se mettre en valeur auprès du grand patron ?

Les journaux du groupe «Le Monde» (Le Monde, Courrier International, la Vie, Télérama ….etc) de monsieur Xavier Niel, actionnaire majoritaire de la société israélienne Golan Telecom jusqu’à Janvier 2017 et partenaire en affaire de monsieur Drahi est-il neutre et crédible lorsqu’il évoque les problèmes du Proche Orient ? A chacun de répondre à cette intéressante question à l’heure où une loi sur la propagation de «Fake News» est en phase finale de préparation.

Dans la presse française, d’autres exemples pourraient être cités qui rendent possible, sinon probable, la connivence des grands patrons de presse sur certains sujets sensibles……..

6 – On peut parfois se poser la question : A qui profite le crime?

Exemples concrets ?

Armes de destruction massive de Saddam Hussein: «Vérité» d’un pays (non menacé) qui chercherait à se défendre ou «mensonge et faux prétexte» pour justifier, devant l’opinion, le déclenchement d’ une guerre ? Nous savons tous aujourd’hui que c’était un mensonge.

Utilisation des gaz par Bachar El Assad en 2013 ? «Vérité» d’un chef d’état cherchant à se débarrasser d’une poignée d’opposants, dans la capitale du pays, sous les yeux des observateurs de l’ONU, prenant le risque de finir comme Khadafi ? Ou mensonge et faux prétexte tentant de justifier une intervention armée occidentale? Nous savons aujourd’hui que c’était un mensonge (attaque sous faux drapeau et gaz utilisé par les rebelles).

Meurtre de Nemtsov en février 2015 et de Skripal en mars 2018 ? Crimes voulus par Poutine pour éliminer un opposant qui fait 1% aux élections et un ex-espion en retraite de 66 ans qui ne représente aucun danger ou meurtre commandité par quelqu’un dont l’intérêt est de salir et de déstabiliser Poutine pour le mettre en difficulté ou de créer de toute pièce une crise sérieuse entre l’UE et la Russie ? Sans être un grand spécialiste du renseignement, on peut présumer que la seconde option est la plus plausible …….

Lorsqu’une information et/ou un sujet sont martelés en boucle, jour après jour, avec une insistance qui confine au bourrage de crâne, cela signifie souvent qu’on est entré dans le domaine de «la guerre de l’information». Il faut alors se poser de nouvelles questions:

1 – Quel pourrait être l’objectif de ce bourrage de crâne ?

2 – Cherche-t-on à façonner l’opinion ? A salir un homme, un pays, une communauté, une religion ? Dans quel but ultime ? Justifier une politique, voire une intervention armée à venir ? Déstabiliser un chef d’état dont l’action dérange ? Favoriser l’élection d’un président des États-Unis ? Influencer le vote des citoyens lors d’une élection française ?

3 – Cherche-t-on à faire passer un mensonge pour une vérité? Un mensonge scandé jour après jour dans les grands médias devient vérité dans l’esprit des gens.

Il suffit pour salir ou discréditer un homme de répéter, sans relâche, jour après jour, que c’est un «grand méchant». Le bon peuple finit par le croire (Les cas Poutine, Trump, Bachar El Assad, Saddam Hussein, Khadafi, Kim Jong-un, Le Pen, sont tout à fait représentatifs de cette «marteau-thérapie»)..… Cela relève des dix principes élémentaires de la propagande de guerre très bien décrits par Anne Morelli. (« Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage »).

Lorsqu’un scoop transmis par internet parait vraisemblable, et s’il n’est pas repris par au moins un grand média «officiel» français ou étranger, il est utile de le passer au filtre de Hoaxbuster en tapant le titre (ou sujet) de l’info et le mot Hoaxbuster sur Google. On a souvent des surprises. Le Hoax (fausse rumeur) vise souvent l’émotionnel. Il est à noter, toutefois, que même les sites de type Hoaxbuster ne peuvent être qualifiés de neutres, lorsqu’on connaît les identités et les opinions de ceux qui les ont créés et qui les font fonctionner. Ils peuvent classer en Hoax une information globalement juste, mais qui déplaît, en s’appuyant sur une inexactitude insignifiante….

Le cas du Decodex du Monde qui s’autoproclame «Magistère de la Vérité» est tout à fait caricatural à cet égard. Employés d’un journal qui a lui même largement trempé dans les fake News (Timisoara, couveuses koweïtiennes par exemple) et dont les propriétaires sont intimement liés à l’état d’Israël (Mr Niel a été, jusqu’à Janvier 2017, propriétaire de Golan Telecom, société israélienne de télécommunication), les décodeurs du Monde sont-ils crédibles lorsqu’ils prétendent «décoder la vérité et le mensonge» sur les problèmes du Proche et du Moyen Orient ? (voir pour le decodex: https://blog.mondediplo.net/2017-02-22-Charlot-ministre-de-la-verite

L’information, pour être crédible, doit être recoupée par des sources notoirement indépendantes les unes des autres. La qualité et la réputation des sources donnent à l’information son degré de fiabilité. Une information reprise par des médias de camps opposés (USA et Russie par exemple) est très probablement juste.

Si les faits sont les faits, la manière de les présenter, de les amplifier ou de les minimiser, de les déformer, de les interpréter, d’en tirer des conclusions, d’omettre des détails et parfois même de les occulter peut relever de la tromperie la plus éhontée. C’est très souvent le cas sur les médias nationaux (presse écrite ou TV) dans tous les pays du monde, y compris le notre. N’ayez aucune illusion, les « experts autoproclamés » en charge de décortiquer et d’interpréter pour nous l’information à la télévision sont soigneusement choisis pour tirer les conclusions qu’ «on» souhaite leur voir tirer. Des journalistes supposés «impartiaux» insistaient beaucoup sur les pailles dans les yeux de Mr Fillon, de Monsieur Mélenchon ou de Madame Le Pen mais oubliaient d’évoquer les poutres dans les yeux de certains de leurs concurrents. Les méthodes de Cambridge Analytica auraient elles été utilisées dans cette élection ?

Les reportages TV destinés à nous émouvoir sont souvent réalisés à partir d’images d’archives qui n’ont strictement rien à voir avec les réalités du terrain.

S’agissant des micro-trottoirs, les télévisions ne présentent très probablement que les réponses allant dans le sens voulu par l’auteur du reportage et surtout par ses chefs.

La plus grosse erreur à commettre, est de croire que seuls les médias de son pays ou de son camp (occidental pour nous) sont honnêtes et disent la vérité et que les autres manipulent les opinions ……..

Il faut être convaincu qu’il n’existe pas de diffusion d’information qui ne soit pas partisane. Nous perdons nous mêmes notre objectivité dès lors que nous choisissons de croire à ceci plutôt qu’à cela.

S’il existe une charte de déontologie du journalisme, signée en Novembre 1971 à Munich, j’ai personnellement constaté qu’aucune agence de presse et aucun média au monde ne la respecte vraiment, surtout lorsque «la guerre de l’information» est en cours.

Il faut donc cesser de «bla-blater» sur des sujets que l’on n’a pas vraiment étudiés ailleurs que dans les engagés d’un seul coté, le média notre. Il faut absolument aller voir ailleurs et étudier les points de vue et les arguments des camps qui s’opposent.

Enfin, lorsqu’on veut vérifier des informations en utilisant Wikipédia, Google, Facebook, You Tube, Médiapart, il faut savoir que ces sites ou outils de recherche ont été créés, appartiennent et sont «contrôlés» par des gens qui ne sont pas tout à fait neutres. Il ne faut pas gratter longtemps pour savoir pour qui ils travaillent lorsqu’on aborde certains sujets sensibles….. Dès lors, leur production peut être parfois très orientée (exemple flagrant des biographies dérangeantes sur Wikipédia.)

*
En conclusion, il me paraît utile de varier les sources d’information, de sortir d’une vision exclusivement nationale, de faire preuve d’esprit critique, de ne jamais totalement accorder sa confiance à telle ou telle source, de se méfier des «experts autoproclamés» et des «sources autorisées» exerçant dans nos grands médias …… Ceux ci se mettent généralement dans le sens du «vent dominant» pour ne pas déplaire et pouvoir être réinvités. Ils participent à la désinformation d’autant plus efficacement qu’ils sont présentés comme «experts» et «neutres», alors qu’ils ne sont souvent ni l’un, ni l’autre.

Il faut se méfier de l’unanimité et de la marteau thérapie pratiquées par nos grands médias qui, selon Jean François Kahn, expert en la matière, «Lèchent, Lâchent et Lynchent» en meute du fait de la connivence des grands patrons de presse. Cette unanimité devrait susciter le doute lorsque des sujets sensibles sont abordés : élections présidentielles, Proche Orient, dénigrement de la Russie ou de l’Iran, par exemple.

En marge des médias mainstream, il existe sur le net des sites de ré-information qui présentent souvent des faits occultés et des points de vue alternatifs, que je juge, à l’expérience, fiables et crédibles et surtout vraiment argumentés et «sourcés». Il faut savoir ce qui s’y dit où s’y écrit.

Il existe aussi des agences de presse étrangères qui diffusent l’information en français ou en anglais et qui sont tout aussi fiables (ou peu fiables) que les nôtres (US, Canadiennes, Belges, israélienne, iranienne, russe, chinoise, libanaise, syrienne, suisse……).

Il faudrait m’expliquer pourquoi, parce qu’une agence de presse est française, elle serait plus fiable que les autres……

Il faut se forger soi-même ses propres convictions en rassemblant les faits, tous les faits, en étudiant toute la gamme des interprétations possibles et des opinions, pour se faire sa propre idée de la vérité la plus probable.

Source: reseauinternational.net

 

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