La signification suprahistorique du massacre des derniers Romanov (1)

12:41, 12 februarie 2018 | Actual | 385 vizualizări | Nu există niciun comentariu | Autor:

Des forces mystérieuses te conduisent, avec ton peuple, vers une perte inévitable.

Le grand-duc Alexandre Mikhailovitch,

dans une lettre de 1917 à l’Empereur Nicolas II

 

L’histoire, et le concept de l’irrationalité dogmatique

 

L’histoire est impénétrable, et très paradoxalement ne devient transparente, lumineuse, qu’au moment final où son irrationalité dogmatique atteint au paroxysme du mystère, de l’incompréhensibilité, où les puissances suprahistoriques réputées hors d’atteinte, „éternelles”, qui la mènent occultement se laissent surprendre à nu, s’exhibent passagèrement à l’intérieur de son devenir même, devenir supplicié qu’elles exaltent, alors, et éblouissent tout en le dévastant à brève échéance, en lui infligeant des ravages irrémédiables. Il y a un immense soleil intérieur de l’histoire, dont l’approche est à la fois divinisante et funeste, calcinante, et toujours étrangère si ce n’est ennemie aux plages tranquilles de la raison tenue pour discursive et qui, en fait, n’est jamais rien d’autre qu’une diversion acceptable face aux menées abyssales de l’irrationalité dogmatique en marche suivant ses plans propres, inconcevables à l’échelle humaine.

 

Que peut-on comprendre encore, à l’heure présente, du cyclone d’ardente lumière qu’avait été l’aventure transcontinentale d’Alexandre le Grand, et du fait absolument incompréhensible que son tombeau cyclopéen ait pu disparaître sans trace ? Comment admettre, aussi, qu’avec l’apparition fulgurante de Frédéric II Hohenstaufen il y ait eu, une dernière fois, à l’aube des temps actuels, l’incarnation impériale déclarée, et tenue pour telle, visible et acceptée par tous, évidente, du principe divin de l’Imperium, du Dieu Soleil, du Sol Invictus immédiatement présent dans l’histoire ? Et la disparition, dans les souterrains d’une certaine histoire occulte, de la souche de sang des Mérovingiens anéantis, faits néant ? Et le miraculeux évanouissement de Louis XVII du Temple, sorti là de l’histoire comme on entre dans un mur qui s’entrouvre pour vous recevoir ? Et l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir total, suprahistorique, à partir de rien, et l’une et l’autre également oniriques, la création du Troisième Reich et la disparition de celui-ci dans les flammes du Götterdämmerung final, dans l’irrationalité dogmatique s’élevant jusqu’aux sommets ultimes de l’histoire alors que l’histoire elle-même semblait s’interrompre, si ce n’est prendre fin dans les ténèbres de l’anti-histoire ? Car tout est mystère agissant dans les ténèbres, dans la „grande histoire” tout est irrationalité dogmatique à l’œuvre.

 

Et la sanglante expulsion hors de la temporalité historique de la dynastie impériale très chrétienne des Romanov n’échappera pas elle non plus à la règle du mystère de l’irrationalité dogmatique noyautant le cours visible de la „grande histoire”. Au contraire.

 

«Nous présiderons sereinement aux destinées de Notre Empire, qui dorénavant ne seront débattues qu’entre Dieu et Nous”, devait déclarer l’Empereur Alexandre III – le Mirotvorets, le „Pacificateur” – lors de sa prise du pouvoir à la suite de l’assassinat terroriste de son père, l’Empereur Alexandre II – le Osvoboditel, le „Libérateur” – dont les fort suspectes inclinations démocratiques devaient l’amener à finir, comme on l’a vu, dans une orgie de sang et de violence subalterne, manipulante, manipulée. La machinerie hautement subversive destinée, préposée à la liquidation finale des Romanov en place, avait été remontée, déjà, au XVIIIe siècle : ne nous le dissimulons pas, à l’ombre de leurs pouvoirs mystiquement inspirés, Madame Krudener et les siens avaient su voir juste, et très prophétiquement, le terrible incendie qui s’annonçait à l’horizon.

 

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, à Iekaterinbourg, dans l’Oural, l’Empereur Nicolas II et toute sa famille étaient, sur ordre de Moscou – sur ordre de V.I. Lénine – bestialement assassinés par leurs gardiens. Conclusion sanglante, mais explicable, de la Révolution Communiste en marche ? C’est bien ce que, depuis, l’on n’a pas cessé, de tous les côtés, de vouloir nous faire croire, avec un acharnement de plus en plus révélateur, qui au lieu de cacher, exalte ce que l’on veut dissimuler.

 

Car il se fait que l’Empereur Nicolas II et sa famille n’ont pas été massacrés au titre d’un épisode en quelque sorte nécessairement prévisible, fatidique, de la Révolution Communiste à son moment intérieur le plus critique, le plus paroxystique, et que, au contraire, c’est la Révolution Communiste qui – tous comptes faits de ce qui, dans l’ombre, se donne obstinément pour indicible – devrait plutôt être regardée, aujourd’hui, comme un épisode de la bataille subversivement entamée, depuis le XVIIIe siècle, contre les Romanov, et contre les états historiquement en place de l’idée impériale et royale en Europe, idée fondamentalement christologique.

 

 

 

Les étagements intérieurs de la „tourmente spéciale”

 

Dans son Journal d’Exil Léon Trotski écrivait : „Il n’était pas seulement urgent, mais nécessaire de prendre la décision de tuer la famille impériale. La sévérité de cette justice sommaire montrait au monde que nous poursuivrions notre lutte sans merci et ne nous arrêterions devant rien. Il fallait exécuter le tsar et les siens pour effrayer, horrifier et écœurer l’ennemi, mais aussi pour secouer nos propres troupes et leur montrer qu’il n’y avait plus de marche arrière possible et que devant se trouvait la victoire totale ou la destruction totale”. Mais est-ce bien vrai, tout cela ? Est-ce bien ainsi que les choses avaient dû se passer ? Non. Non, ce n’est absolument pas vrai, et ce n’est absolument pas ainsi que les choses s’étaient passées en réalité. Aujourd’hui, après l’effondrement intérieur de l’Union Soviétique et de soixante-dix ans de communisme en Russie et dans le monde, ce changement de perspective livre enfin les clefs de l’intelligence profonde et décisive, finale, du processus entamé, déjà, par la soi-disant Révolution Française et qui devait aboutir, après la première guerre mondiale au démantèlement des trois derniers Empires chrétiens d’Europe : Empire Allemand, l’Empire Autrichien et l’Empire Russe. Car on se devait à tout prix déchristianiser l’histoire mondiale qui, dans sa marche, arrivait, à ce moment-là, sur le seuil devant il fallait qu’elle cessât d’essayer de faire sienne la lumière suprahistorique de la Croix Victorieuse.

 

Qui, alors, et pourquoi ? Et, d’autre part, comment se fait-il que l’Empire Britannique n’a pas été, lui aussi, emporté par la même tourmente „spéciale” ? Outre que l’heure de la liquidation de l’Empire Britannique, à présent, ne saurait non plus tarder à sonner, il faudra aussi dire que si la „tourmente spéciale” qui devait abattre les royautés européennes de droit divin – celles-ci, dans leur ensemble, héritières de l’Empire Romain à travers le Saint Empire Romain Germanique – l’Empire Britannique, lui, ainsi que la royauté britannique dévoyée, retournée, totalement aliénée, avaient été chargés d’une mission fort particulière : une mission de haute trahison et de crime, de subversion et de parjure, dont à présent et l’heure enfin venue il faudra qu’ils payassent le prix le plus juste ainsi que les terrifiants intérêts afférents, occultes, d’ordre confidentiellement infernal. Quelle mission ?

 

Aucun des nôtres, aucun de ceux qui se trouvent engagés dans le camp opposé à celui du „Mystère d’Iniquité” ne saurait ignorer quel aura été le jeu infernal de la Cour de Saint-James dans l’enclenchement de la soi-disant  Révolution Française et la liquidation dans l’extrême opprobre et le sang des Bourbons de France, dont Londres avait si bien – si mal, doit-on entendre – feint de soutenir les derniers soubresauts dans le seul but de mieux les repousser vers les ténèbres tournoyantes qui déjà les tenaient.

 

De même que la responsabilité de fait, directe et totale, décisive, du massacre des derniers Romanov revient à l’ordure libérale David Lloyd George h863-1944), artisan, aussi, de l’infernal piège que fut le Traité de Versailles, David Lloyd George qui avait fini par reprendre – annuler – le droit d’asile politique accordé – pour la forme – aux Romanov, asile politique négocié par Kerenski, et qui eût apporté aux victimes du massacre de Ekaterinbourg la sortie de la Russie Communiste, la liberté, la vie. Tout se tient. Le député Ramsay Mc Donald, autre ignoble ordure, ne s’était-il permis de traiter publiquement l’Empereur Nicolas II de „créature souillée de sang”, et même de „criminel de droit commun” ?

 

Depuis la bataille de Naseby et l’avènement du pouvoir subversivement criminel faisant suite à l’assassinat du roi Charles Ier (1649), pouvoir criminel illustré, a ce moment-là, par Olivier Cromwell (1599-1658), la Grande-Bretagne n’est en effet plus rien d’autre que son propre cadavre, cadavre vivant, à demi-vivant et survivant, mais non-vivant, cadavre bafouillant au service des puissances de perdition ayant choisi d’y installer leur base d’action occulte, et qui sans cesse interviennent pour supprimer dans l’œuf toute velléité de réveil, de libération spirituelle et nationale britannique sur le plan intérieur, comme cela s’est vu avec le sordide nœud conjurationnel qui avait forcé le roi Edouard Vin à l’abdication en 1936 et, aujourd’hui encore, par l’obstaculisation de plus en plus intense opposée à la montée sur le trône du prince Charles.

Jean Parvulesco